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Roland-Garros : disons la vérité

Le soit-disant plan B de Monsieur Gramblat, licencié du Tennis Club de Paris, qui se présente (seul) à la présidence de la FFT n’a aucun sens, sauf à considérer qu’en tant que membre d’un club du XVIème arrondissement de Paris, il défende les intérêts des habitants de son  propre quartier. Vu sous cet angle…

Mais on n’est pas dans une querelle de quartier et bien dans un dossier d’intérêt général qu’il attaque benoîtement en jouant sa carte personnelle, en jouant contre son camp. Qu’il attaque personnellement les autres candidats, cela ne regarde que lui. Mais qu’il s’attaque au Nouveau Stade Roland-Garros, relève d’un véritable sacrilège. Car ce qui est grave c’est de porter ainsi atteinte aux intérêts de la Fédération suite à la décision de notre Assemblée générale de 2011, souveraine. Ce comportement est incompatible avec les buts que nous nous sommes fixés démocratiquement.

Nous le réaffirmons, il n’y a pas d’alternative possible. Si un tel projet avait été proposé à l’Assemblée générale de 2011, il n’aurait jamais été approuvé. Nous rappelons que ce projet a été conduit dans le cadre de la Loi avec toutes les parties, qu’il a fait l’objet d’un débat public encadré et dont l’enquête publique avait conclus : « c’est un projet qui a divisé , fait polémiquer mais devrait finalement fédérer car il a su, a mon sens, évoluer dans les meilleurs conditions possibles, au regard de son histoire, des lieux et des choix réalisés, et dans le respect des lois. »

Ce n’est plus un projet c’est un chantier.

Les permis ont été délivrés en 2015, les travaux ont commencé sur le triangle historique et dans le jardin des serres. Ce chantier, comme tous les grands projets doit surmonter les contestations que les tribunaux doivent arbitrer. Comme le Stade Jean Bouin, comme la fondation Vuitton, comme le stade des lumières à Lyon. Pour le moment, comme ces projets, nous avons franchi toutes les étapes administratives et juridiques. On est à quelques semaines de la ligne d’arrivée de la course d’obstacles des recours. Et voilà que pour des raisons purement électorales, un licencié de notre fédération s’attaque à un projet – répétons-le – adopté en Assemblée générale. Nous en prenons acte et prenons tous les licenciés à témoin.

Car, contrairement à ce que nous avons lu, nous avons toujours dialogué avec nos détracteurs. Mais nous ne l’avons pas fait en catimini. Nous l’avons fait dans un cadre prévu par la loi à savoir la commission nationale du débat public sous laquelle nous avions nous-mêmes placé notre projet. Nous leur avons toujours dit accepter leur rôle d’opposants mais ne pas accepter toutes leurs conclusions. Nous avons même fait évoluer notre projet quand cela nous est apparu possible. Ils ont le droit de contester et nous avons le droit de défendre notre projet. Nous maintenons le cap fixé par notre Assemblée générale. Nous sommes calmes et sereins. Nous faisons confiance à la justice.

Une sortie médiatique qui floppe

Mais s’il fallait en plus donner les raisons majeures du caractère trompeur de ce projet on en retiendrait principalement 5 :

  1. Un stade risquant l’étouffement avec des mouvements de foules incontrôlables entre un Chatrier agrandi et le court N° 1 tout proche, au moment des sessions de soirée.
  2. Création d’une place entre le Chatrier et le Lenglen supprimant des courts de compétition pour arriver à 14 courts de compétition + 2 d’entrainement insuffisants pour organiser un tournoi du Grand Chelem avec le nombre de matches quotidiens à organiser.
  3. Nécessité de revoir le PLU « Roland-Garros » pour modifier les hauteurs soit au moins 2 ans de plus sans parler des recours inévitables.
  4. Fermeture de l’avenue de la Porte d’Auteuil : les riverains s’y opposeraient. Et surtout la préfecture le refuse à la FFT depuis toujours.
  5. Calendrier irréaliste : arrêter en 2017 un chantier lancé depuis 2 ans, lancer un nouveau projet, nouvelle étude d’impact, nouveaux permis. On finirait en 2025-2027.

Alors que devant toute la presse mondiale réunie à Rio, le Président de la République, la Maire de Paris, la Présidente du Conseil régional d’Ile de France, les co-présidents de Paris 2024 ont fait du futur Roland-Garros un des quatre points cardinaux de la candidature aux Jeux Olympiques de 2024, cette « sortie médiatique » apparaît finalement dérisoire et insignifiante.