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Le bénévole, chef de mon village-tennis

Ancienne N°1 française et n°54 mondiale WTA, membre de l’Equipe de France de Fed Cup, Corinne siège au Comité de direction de la FFT depuis 2013. Elle incarne ce que la féminisation des instances a apporté à notre Fédération : un franc-parler bénéfique et sincère. Elle a fait le choix de France-Tennis.

On a toutes et tous un Bénévole au fond de notre cœur !

D’aussi loin que je me souvienne, le Bénévole a toujours fait partie de ma vie de joueuse de tennis. Dans le club de mes débuts, puis tout au long de mon parcours en équipe de France et de ma carrière professionnelle.

Au fil du temps, le bénévole a revêtu des formes sémantiques différentes :

Il a d’abord été référent, chef de mon « village tennis », mon premier club formateur ; pour l’enfant que j’étais alors, le terme bénévole était bien abstrait !

Lorsque j’ai par la suite intégré les équipes de France et entamé ma carrière professionnelle, le bénévole a pris les habits du dirigeant. Le dirigeant, l’autorité en costume, plus éloigné de mes préoccupations strictes de jeu et de performance. Le dirigeant faisait bien partie de ma « planète tennis » mais nous n’évoluions plus sur le même terrain … Il est même arrivé qu’il devienne « censeur » … Vous noterez ici que l’emploi du masculin n’est pas fortuit, tant la gente féminine était exceptionnellement sous-représentée … (NDA : certaines et certains, au-delà de celles et ceux qui m’ont connu sur un terrain, souriront peut-être à la lecture de ces quelques lignes).

Puis est venu le temps de la reconversion, de la maturité (enfin des « années qui ont si vite passé ! »).

Je veux juste leur faire part de tout mon respect

Par hasard – ou pas ! -, je suis devenue bénévole, rejoignant l’équipe dirigeante d’un club en tant que vice-présidente, puis le comité de la Ligue des Hauts de Seine pour une très brève période, pour enfin devenir membre du Comité de direction de la FFT en 2013.

Durant toutes ces années, j’ai pris la mesure de ce que représentait et impliquait concrètement le terme bénévole : investissement humain, investissement temps, week-ends sacrifiés (ou bien écornés), gestion des problématiques terrain, assimilation des problématiques globales liées à la promotion et au développement du tennis dans une société en mutation permanente : évolution de la pratique et des pratiques, des réglementations sociales et économiques, de l’écosystème du sport-business et du sport en général .

Soyons honnêtes, être Bénévole est un challenge bien ambitieux, non rémunéré monétairement qui nécessite souvent de faire le « grand écart ». Sont-ils performants ? Pour ma part, je veux juste les saluer et leur faire part de tout mon respect pour avoir accepté le challenge !

Dans ce contexte et en guise de conclusion, je souhaiterais parler d’écoute, de travail collaboratif, de confiance à développer entre tous les acteurs qui font le tennis aujourd’hui : élu(e)s, salarié(e)s, joueurs et joueuses, entraineurs, enseignants. Je souhaiterais parler du besoin d’humilité, d’indulgence, de compréhension de l’autre, à cultiver entre tous les représentants de la famille du tennis, dans les différentes instances de notre fédération. Des critiques de tel clan envers un autre, des absences répétées de nombre de joueurs ou joueuses aux réunions du Comité de Direction par exemple, je préfère me concentrer sur la modestie, la reconnaissance par chacun de la diversité des contributions qui doivent nourrir notre sport et notre organisation pour sa réussite et sa meilleure efficience.

Ne serait-ce pas la moindre des choses à offrir à tous les bénévoles de club qui sont les véritables poumons du tennis français ?

Corinne Vanier

 

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