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Les leçons à tirer du débat sur beIN Sports

Inédit pour une fédération majeure, le grand débat télévisé du 1er décembre sur beIN marquera incontestablement une étape positive dans la vie démocratique de la FFT. Exercice délicat pour les 3 candidats, ils doivent être félicités pour avoir relevé ce défi en direct. Ce débat aura permis de marquer des différences significatives entre certains candidats, d’y voir plus clair et de débattre dignement sans pour autant éviter certains dérapages.

Pour une première dans l’histoire d’une grande fédération, beIN Sport a su se mettre au niveau des enjeux de la FFT en proposant un débat télévisé en direct qui fera date. Nous remercions Frédéric Viard d’avoir pris cette initiative qui sera certainement appelée à se renouveler.

Alexis, Bernard et Jean-Pierre ont joué le jeu malgré la difficulté de l’exercice et c’est tout à leur honneur. Comme le veut la coutume, chaque camp pensera que son champion est sorti vainqueur de cette soirée. Les réseaux sociaux ayant fait le reste avec leur modération habituelle…

Il n’y a pourtant ni vainqueur, ni vaincu. Chacun ayant eu ses bons moments.

Le rapprochement en direct

Mais beaucoup de leçons sont à retenir. La première d’entre elles, comme une évidence, a confirmé le rapprochement désormais avéré aux yeux de tous, y compris des médias, entre Alexis et Jean-Pierre.

Concentrant alternativement leurs tirs contre Bernard, avec une belle distribution des rôles, cette association confirme le courrier des partisans bretons de Jean-Pierre appelant à soutenir le candidat Gramblat. On voit mal aujourd’hui Jean-Pierre continuer à nier cette évidence. Même si un mensonge de plus dans cette campagne n’étonnerait personne.

Le seul moment de « complicité » entre Bernard et Jean-Pierre, ce fut au début de l’émission, quand les deux élus de la FFT s’accordèrent pour défendre le projet du nouveau stade de Roland Garros face au Plan B d’Alexis. C’est dommage qu’Alexis persiste à penser que la qualité du projet de modernisation de RG ne repose que sur le nombre de courts couverts…

L’immobilisme contre le changement

Cette harmonie cessa dès qu’on aborda le bilan sportif de la FFT. La vraie différence entre FranceTennis et les deux autres candidats est flagrante. Alexis et Jean-Pierre pensent qu’on a un bon bilan, qu’il est prometteur et encourageant et que le status quo s’impose. Ne rien changer et attendre encore quelques années…

FranceTennis pense le contraire. On ne peut se satisfaire d’un bilan sans titre majeur, de tournoi junior de Grand Chelem sans aucune représentante française ou d’un palmarès vierge de toute Coupe Davis ou Fed Cup depuis trop longtemps. Ne rien faire serait coupable aux yeux de tous les amoureux du tennis.

Ce n’est pas une question de personne, c’est une question de méthode, de valeurs et de respect mutuel du rôle de chacun dès le plus jeune âge, que ce soient des joueurs, des familles, des entraîneurs, des clubs et de notre fédération.

Regrettable dérapage

De cette différence assumée est né le dérapage le plus regrettable de ce débat. Accuser Bernard de vouloir couper des têtes, citer ouvertement des noms menacés sans se soucier de l’impact de ce déballage pour les personnes concernées et pour leur famille, évoque une liste noire…

Alexis, Jean-Pierre, écoutez-nous une bonne fois pour toute. Derrière Bernard, il y a une quarantaine de femmes et d’hommes qui vous demandent de cesser ces accusations inqualifiables. Il n’existe aucune liste noire, aucune volonté de couper des têtes. Que les salariés se rassurent, ce n’est pas leur compétence qui est en question, c’est notre modèle de fonctionnement, notre politique sportive et nos résultats.

Bientôt la vérité…

Quant à l’affaire Arnaud Clément, et les super pouvoirs qu’on accorde à Bernard, la vérité ne tardera pas à éclater au grand jour. Penser qu’il suffit d’un simple coup de fil de Bernard à Yannick Noah pour le faire revenir, c’est bien mal connaître notre grand capitaine…

Malgré les tirs croisés de Jean-Pierre et Alexis, Bernard n’a pas voulu s’abaisser à ce type de débats. Il a préféré s’adresser directement aux clubs et aux dirigeants de départements. A ceux qui incarnent le tennis d’en bas et qui, demain, devront inspirer le tennis d’en haut et mettre un frein à cette technocratie fédérale trop éloignée du terrain.

L’argent ou le soutien humain?

C’est aussi dommage qu’Alexis continue à penser que la solution est de prendre l’argent des ligues et des comités départementaux pour les donner aux clubs. Faute de ressources nécessaires pour être payés, tous nos Conseillers se retrouveraient donc au chômage. On n’échange pas une présence humaine auprès de clubs contre un billet de banque. Ca ne marche pas comme ça !

Tu vois Alexis, malgré tes idées dangereuses pour nos salariés, nous, on ne te traite pas de coupeur de têtes. C’est d’autant plus dommage que nous partageons certains de tes constats et que ton programme décline certaines propositions intéressantes. Encore une fois, il n’y a pas d’un côté les gentils et de l’autre le méchant Bernard et ses horribles lieutenants.

Nous ne sommes pas irréprochables !

Bernard n’est pas parfait. Nous ne le sommes pas plus. Nous ne sommes pas irréprochables. On peut nous reprocher d’être à la fois jeunes et vieux, expérimentés ou débutants, modeste joueur de 4ème série ou ancienne Top 10 mondiale, anglophones ou simple francophones, valides ou en fauteuil, parisiens ou provinciaux…

Nous sommes juste une équipe de 45 femmes et hommes qui, comme toi, comme Jean-Pierre, sont passionnés de tennis. Mais aujourd’hui, la passion ne suffit plus. Il faut agir. Il faut innover. Il faut tenter d’autres méthodes, s’ouvrir à d’autres compétences et respecter nos racines.

Au final, ce débat fut suffisamment riche et instructif pour éclairer nos lanternes. FranceTennis persiste dans sa volonté de changement. Nous verrons bien si, comme les premières élections l’indiquent, nous méritons la confiance de nos électeurs.

Toute l’équipe FranceTennis

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