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La légende du coupeur de tête ou l’histoire d’une manipulation bien orchestrée… Episode 4 : l’éviction de Clément

Episode 4 : L’éviction d’Arnaud Clément

On a vu dans les précédents épisodes la concrétisation du pacte Ysern-Dartevelle et ses conséquences: « Tu te présentes contre Bernard à l’ITF » pour commencer et « Tu gères l’audit de l’équipe de France mais tu me réserves l’exclusivité des infos¨ » pour continuer.  Jean-Pierre a voulu faire porter le chapeau, en forme de sombrero géant, à Bernard. Lui qui aurait appelé Yannick pour le faire revenir, entraînant simultanément le départ d’Arnaud Clément. Le début de la légende du coupeur de tête…

L’épisode 3 a montré qu’il n’en était rien. Ce n’est pas Bernard qui a fait revenir Yannick et ce n’est pas Yannick qui serait revenu pour Bernard…

Mais revenons sur le cas du Capitaine Clément. Il faut maintenant trancher. L’heure de la décision approche. Le Président Gachassin attend toujours son rendez-vous avec Arnaud. Il peut toujours attendre… L’essentiel se joue ailleurs. Dans le bureau de Gilbert Ysern qui est le seul aux manettes dans cette affaire, avec la bénédiction du stratège franc-comtois.

On a quand même une petite pensée pour Arnaud di Pasquale dont l’avenir d’un de ses meilleurs amis se joue alors.

La décision du changement de capitaine

Le 27 août 2015, veille du Bureau fédéral, un mail est adressé par Ysern à Jean Gachassin, Jean-Pierre Dartevelle, Dominique Malcotti et Bernard Giudicelli qui, face aux graves accusations dont il a fait l’objet lors du débat TV par A. , a décidé d’en publier un extrait révélateur :

De : Gilbert Ysern
Envoyé : jeudi 27 août 2015 00:30
À : Jean GACHASSIN <jean.gachassin@fft.fr>; Jean-Pierre Dartevelle <jean-pierre.dartevelle@fft.fr>; Dominique Malcotti <dominique.malcotti@fft.fr>; Bernard Giudicelli <bg@fft.fr>
Cc : Jérémy Botton <jbotton@fft.fr>; Christophe Fagniez <cfagniez@fft.fr>; Anne Mestressat <amestressat@fft.fr>; Arnaud Di Pasquale <adipasquale@fft.fr>
Objet : Equipe de France de Coupe Davis / CONFIDENTIEL[…]QUE FAIRE ? 1.       On le sentait après Lille – mais on voulait croire que ça allait s’arranger. C’est évident aujourd’hui : ne rien faire et repartir pour une nouvelle campagne sans rien changer n’est pas envisageable, ce serait une grave erreur de notre Fédération.Car on peut raisonnablement penser aujourd’hui que si rien ne change, les mêmes causes produiront les mêmes effets.Il faut donc apporter du changement, et pas seulement de façon cosmétique ou superficielle : un vrai changement en profondeur. 2.       Le diagnostic ci-dessus fait apparaître deux pistes, diamétralement opposées, dont aucune n’est vraiment enthousiasmante. Option A : une forte reprise en main de l’équipe de France                La FFT reprend la main, impose ses règles, ses principes et valeurs, n’accepte plus les mauvais comportements (cf liste ci-dessus), impose un tout autre état d’esprit.L’équipe de France est plus importante que les joueurs.La DTN joue un rôle important dans ce nouveau dispositif, où l’influence des joueurs est diminuée.Les joueurs actuels se plient au nouveau fonctionnement que nous mettons en place, ou nous faisons sans eux – notons toutefois que sur le plan médiatique et politique, nos meilleurs joueurs, déjà fortement critiqués pour leur résidence fiscale suisse, pourraient difficilement refuser de jouer en équipe de France. Option B : la conquête du trophée, coûte que coûte, avec nos meilleurs joueurs

Notre meilleure chance de gagner la Coupe Davis dans les 2 ou 3 années qui viennent, c’est avec nos meilleurs joueurs – chance d’autant plus grande que les meilleurs joueurs mondiaux, qui sont plus forts que les nôtres, ne joueront pas forcément.

Et la Coupe Davis, il faut la jouer pour la gagner – seule la victoire est belle, et elle efface tout le reste.

Dès lors, appuyons-nous prioritairement sur nos 4 « mousquetaires », avalons notre chapeau s’il le faut, efforçons-nous de les mettre dans les conditions qu’ils jugent optimales, en espérant qu’ils sauront alors se responsabiliser.

Et cela passe par un changement de capitaine.

 3.       Faut-il privilégier l’option A ou l’option B ?

Je préconise aujourd’hui, après mûre réflexion, un « mix » des deux, avec toutefois prépondérance de l’option B. En synthèse : un changement de capitaine, et, autant que possible, la mise en place d’une nouvelle organisation où la FFT et notamment la DTN seront sensiblement plus présentes.

Quelques considérations pour justifier cette préconisation, étant bien entendu qu’il faudrait convaincre Arnaud de prendre l’initiative de se retirer (ce dont il n’a aucunement l’intention à ce jour), et tout faire pour protéger son image :

a.       En termes de valeurs et de comportement, il apparaît injuste de faire porter le chapeau à Arnaud alors que les 4 autres sont bien davantage critiquables. Sans surprise, d’ailleurs, Julien et Nicolas ne le souhaitent pas. Mais on ne peut nier qu’Arnaud a sa part, importante, de responsabilité, pour avoir commis des erreurs dans son management du groupe. Ce ne serait donc pas une énorme injustice s’il devait rendre son tablier : nous sommes dans l’univers impitoyable du sport professionnel, pas dans le monde des bisounours.

b.       Arnaud ne me semble plus être l’homme de la situation. Pour moi, il a perdu sa crédibilité auprès de ce groupe, et je pense que c’est irréversible – un peu comme dans le cas d’un professeur chahuté qui déciderait de devenir plus sévère.  

c.       Il semble essentiel, et c’est une attente de nombre d’élus de la Fédération, de ne pas négliger le message clé de l’option A : l’équipe de France de Coupe Davis est l’équipe de la FFT, elle n’appartient pas aux joueurs. C’est un message fort, également, à adresser à la génération montante. Attention toutefois : il convient de noter que cette approche souhaitée est assez éloignée de ce qui se passe actuellement (avec un certain succès) en équipe de France de Fed Cup, où la capitaine tend à gérer « son » équipe et « ses » joueuses, associant très peu la DTN.

d.       Nous sommes dans un sport individuel, même si la Coupe Davis se joue en équipe. Il apparaît donc que nous pouvons difficilement nous permettre de prendre le risque de jouer sans nos meilleurs joueurs, comme Deschamps s’est privé de Nasri. Les médias, et même les clubs et licenciés, nous rendraient-ils hommage pour notre courage et notre détermination sur « les valeurs » si nous privilégions « les valeurs » en nous privant des meilleurs ? Je crois plutôt qu’ils nous critiqueraient, en cas de défaite prévisible sans nos meilleurs joueurs, pour être incapables de les motiver.[…]

Arnaud DiP et moi allons voir les 4 « mousquetaires » à New-York ce week-end – pour leur dire ce que nous en pensons et envisager l’avenir avec eux.

Si nous changeons effectivement de capitaine, il faudra trouver le bon compromis entre ne pas laisser les joueurs décider du choix du capitaine et malgré tout les associer à la réflexion.

A demain,

GY

Le lendemain, vendredi 28 août, Le Bureau fédéral écoute religieusement le rapport du Directeur général. Le bureau acte la nécessité d’un changement en profondeur ou rien n’est interdit dès lors qu’on retrouve le chemin de la victoire. Gilbert annonce qu’il va se rendre à New-York avec le DTN afin de rencontrer les joueurs avant le début de l’US Open. Jean-Pierre, pourtant en charge du dossier, laisse faire.

Le jeudi 10 septembre, à New York, les bruits de couloir nourrissent la rumeur. Le risque d’une fuite et d’une annonce prématurée existe. Ysern  appelle, à la demande des élus, Arnaud Clément déjà rentré en France pour le convaincre de jeter l’éponge. Celui-ci refuse et renouvelle sa demande de rencontrer le président.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Président écrit au Bureau fédéral pour lui indiquer qu’au regard des éléments fournis, Arnaud Clément n’est pas le capitaine qui peut conduire la génération actuelle à la victoire, qu’il décide de mettre un terme à sa mission et va l’informer. Dans le même message, il mentionne que Yannick est son meilleur choix mais que celui-ci réserve sa réponse à la rencontre qu’il aura avec les joueurs.

Le lendemain, vendredi 11 septembre France-Info lâche la nouvelle. Tout va alors très vite.

L’entretien que Jean Gachassin avait demandé fin juillet avec Arnaud Clément n’aura donc pas lieu. Seul un entretien téléphonique est organisé le dimanche 13 septembre au soir avec Arnaud et le président, en présence de Bernard, Jean-Pierre et Dominique Malcotti.

Le lundi 14 septembre, toute la France attend une décision d’une réunion du Bureau fédéral qui se fera… par téléphone! Le Bureau décide à l’unanimité de se séparer d’Arnaud Clément après avoir entendu le rapport d’audit.

Arnaud, si tu nous lis…

  • La vérité est donc très simple. Le président de la FFT voulait une réunion d’explication avec Arnaud. Il ne l’aura pas. Jean-Pierre Dartevelle s’y oppose pour des raisons politiciennes et écarte tous les élus d’un processus dont il est lui-même écarté par le directeur général. Le DG a donc tous les pouvoirs.
  • Résultat : la légitimité du président est bafouée et le Bureau fédéral totalement tenu à l’écart car, comme l’écrit sournoisement Gilbert Ysern,  Jean-Pierre Dartevelle souhaite « faire de la politique avec les élus du CD »…

Voilà ce que Bernard a dénoncé : les jeux politiciens. Quand Bernard a prononcé ces mots lors du débat, Jean-Pierre a répondu par un sourire narquois bien marqué. Jean-Pierre a beaucoup rigolé aux propos de Bernard lors de cette soirée. Pas sûr qu’à la lumière de ce qui précède, il continue à se moquer…

En direct à l’antenne, Bernard n’a pas souhaité répondre aux mensonges. Faute de temps réellement disponible pour étayer ses propos et pour fournir les preuves de ce que nous démontrons aujourd’hui.

Ce sont bien des manœuvres politiciennes qui ont miné la vie fédérale. Et l’affaire Clément n’était qu’un début.

En préférant proposer la candidature d’un salarié à la place d’un élu au Board de l’ITF, en refusant d’affronter le vote du comité de direction pour être désigné candidat à l’ITF, en mettant Jean Gachassin à l’écart d’un dossier où il est sans doute l’élu le plus compétent et, enfin, en tentant lors du débat de BeIn avec la complicité d’Alexis et devant la France entière, de faire croire que c’est Bernard Giudicelli qui a évincé Arnaud Clément, Jean-Pierre Dartevelle a montré son vrai visage. Nous vous laisserons le soin de le qualifier…

Les super pouvoirs de Bernard ont tout de même des limites…

Arnaud, si tu nous lis, en découvrant les messages qui précèdent, tu sais désormais qui, comment et pourquoi tu as été remercié.

Fin du l’Episode 4.

Rendez-vous demain pour l’Episode 5 –

On verra qui veut la tête de qui… ou les fameuses valeurs humaines de notre ami Jean-Pierre.

 

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